Romance · Fantastique
Nous nous sommes déjà aimés
Roman en coursLa place Sainte-Claire formait un petit triangle entre la vieille bibliothèque, une rangée d’immeubles étroits et la façade claire d’une église qui n’ouvrait plus que le dimanche. Le quartier avait échappé aux grandes transformations du centre-ville. On y trouvait encore un marchand de journaux, une papeterie minuscule, deux cafés avec des tables rondes en terrasse et une librairie dont l’enseigne grinçait quand le vent venait du fleuve.
À la fin d’octobre, les platanes perdaient leurs feuilles presque en une semaine. Elles s’accumulaient le long des trottoirs, poussées par les voitures et les pas, puis finissaient en petits tas humides contre les bancs. Le matin, l’air sentait le café, la pluie et parfois la fumée des cheminées plus anciennes.
Le café des Arcades occupait l’angle nord de la place. La salle n’était pas grande. Un comptoir de zinc courait sur tout un côté, trois miroirs vieillissants agrandissaient artificiellement l’espace, et les petites tables de bois étaient si proches les unes des autres qu’il était difficile de ne pas entendre la conversation voisine.
En semaine, les mêmes habitudes revenaient. Des employés prenaient un espresso debout avant huit heures. Une femme travaillait toujours près de la fenêtre avec un ordinateur couvert d’autocollants. Vers dix heures, des étudiants descendaient de la bibliothèque et occupaient les tables du fond. L’après-midi, la lumière traversait les vitres en biais et donnait aux tasses une couleur de miel.
Il existait au-dessus de la porte une vieille photographie de la place, prise bien avant la guerre. On y reconnaissait l’église, la fontaine aujourd’hui disparue et les mêmes arcades. À gauche de l’image, légèrement floue, une arche de pierre ouvrait sur un escalier qui descendait vers le fleuve.
La photographie portait une date à peine lisible dans un angle. Certains habitués s’amusaient à comparer la place d’aujourd’hui à celle de l’image : la pharmacie avait remplacé une mercerie, la terrasse du café occupait l’ancien emplacement d’un kiosque à fleurs, et les arbres étaient devenus assez grands pour cacher une partie du clocher. Le patron racontait parfois que l’arche avait été murée après une crue, mais personne ne savait exactement où commençait l’escalier.
Cette arche n’existait plus depuis près d’un siècle.
Pourtant, il arrivait que des clients la regardent longtemps, avec une expression difficile à définir, comme s’ils avaient le souvenir très précis d’être déjà passés dessous.
À la fin d’octobre, les platanes perdaient leurs feuilles presque en une semaine. Elles s’accumulaient le long des trottoirs, poussées par les voitures et les pas, puis finissaient en petits tas humides contre les bancs. Le matin, l’air sentait le café, la pluie et parfois la fumée des cheminées plus anciennes.
Le café des Arcades occupait l’angle nord de la place. La salle n’était pas grande. Un comptoir de zinc courait sur tout un côté, trois miroirs vieillissants agrandissaient artificiellement l’espace, et les petites tables de bois étaient si proches les unes des autres qu’il était difficile de ne pas entendre la conversation voisine.
En semaine, les mêmes habitudes revenaient. Des employés prenaient un espresso debout avant huit heures. Une femme travaillait toujours près de la fenêtre avec un ordinateur couvert d’autocollants. Vers dix heures, des étudiants descendaient de la bibliothèque et occupaient les tables du fond. L’après-midi, la lumière traversait les vitres en biais et donnait aux tasses une couleur de miel.
Il existait au-dessus de la porte une vieille photographie de la place, prise bien avant la guerre. On y reconnaissait l’église, la fontaine aujourd’hui disparue et les mêmes arcades. À gauche de l’image, légèrement floue, une arche de pierre ouvrait sur un escalier qui descendait vers le fleuve.
La photographie portait une date à peine lisible dans un angle. Certains habitués s’amusaient à comparer la place d’aujourd’hui à celle de l’image : la pharmacie avait remplacé une mercerie, la terrasse du café occupait l’ancien emplacement d’un kiosque à fleurs, et les arbres étaient devenus assez grands pour cacher une partie du clocher. Le patron racontait parfois que l’arche avait été murée après une crue, mais personne ne savait exactement où commençait l’escalier.
Cette arche n’existait plus depuis près d’un siècle.
Pourtant, il arrivait que des clients la regardent longtemps, avec une expression difficile à définir, comme s’ils avaient le souvenir très précis d’être déjà passés dessous.
À SUIVRE
La page suivante reste à écrire.
Vous pouvez refermer le livre ou prendre la plume pour poursuivre l’histoire.
Romance · Fantastique
Nous nous sommes déjà aimés
Roman en coursLa place Sainte-Claire formait un petit triangle entre la vieille bibliothèque, une rangée d’immeubles étroits et la façade claire d’une église qui n’ouvrait plus que le dimanche. Le quartier avait échappé aux grandes transformations du centre-ville. On y trouvait encore un marchand de journaux, une papeterie minuscule, deux cafés avec des tables rondes en terrasse et une librairie dont l’enseigne grinçait quand le vent venait du fleuve.
À la fin d’octobre, les platanes perdaient leurs feuilles presque en une semaine. Elles s’accumulaient le long des trottoirs, poussées par les voitures et les pas, puis finissaient en petits tas humides contre les bancs. Le matin, l’air sentait le café, la pluie et parfois la fumée des cheminées plus anciennes.
Le café des Arcades occupait l’angle nord de la place. La salle n’était pas grande. Un comptoir de zinc courait sur tout un côté, trois miroirs vieillissants agrandissaient artificiellement l’espace, et les petites tables de bois étaient si proches les unes des autres qu’il était difficile de ne pas entendre la conversation voisine.
En semaine, les mêmes habitudes revenaient. Des employés prenaient un espresso debout avant huit heures. Une femme travaillait toujours près de la fenêtre avec un ordinateur couvert d’autocollants. Vers dix heures, des étudiants descendaient de la bibliothèque et occupaient les tables du fond. L’après-midi, la lumière traversait les vitres en biais et donnait aux tasses une couleur de miel.
Il existait au-dessus de la porte une vieille photographie de la place, prise bien avant la guerre. On y reconnaissait l’église, la fontaine aujourd’hui disparue et les mêmes arcades. À gauche de l’image, légèrement floue, une arche de pierre ouvrait sur un escalier qui descendait vers le fleuve.
La photographie portait une date à peine lisible dans un angle. Certains habitués s’amusaient à comparer la place d’aujourd’hui à celle de l’image : la pharmacie avait remplacé une mercerie, la terrasse du café occupait l’ancien emplacement d’un kiosque à fleurs, et les arbres étaient devenus assez grands pour cacher une partie du clocher. Le patron racontait parfois que l’arche avait été murée après une crue, mais personne ne savait exactement où commençait l’escalier.
Cette arche n’existait plus depuis près d’un siècle.
Pourtant, il arrivait que des clients la regardent longtemps, avec une expression difficile à définir, comme s’ils avaient le souvenir très précis d’être déjà passés dessous.
À la fin d’octobre, les platanes perdaient leurs feuilles presque en une semaine. Elles s’accumulaient le long des trottoirs, poussées par les voitures et les pas, puis finissaient en petits tas humides contre les bancs. Le matin, l’air sentait le café, la pluie et parfois la fumée des cheminées plus anciennes.
Le café des Arcades occupait l’angle nord de la place. La salle n’était pas grande. Un comptoir de zinc courait sur tout un côté, trois miroirs vieillissants agrandissaient artificiellement l’espace, et les petites tables de bois étaient si proches les unes des autres qu’il était difficile de ne pas entendre la conversation voisine.
En semaine, les mêmes habitudes revenaient. Des employés prenaient un espresso debout avant huit heures. Une femme travaillait toujours près de la fenêtre avec un ordinateur couvert d’autocollants. Vers dix heures, des étudiants descendaient de la bibliothèque et occupaient les tables du fond. L’après-midi, la lumière traversait les vitres en biais et donnait aux tasses une couleur de miel.
Il existait au-dessus de la porte une vieille photographie de la place, prise bien avant la guerre. On y reconnaissait l’église, la fontaine aujourd’hui disparue et les mêmes arcades. À gauche de l’image, légèrement floue, une arche de pierre ouvrait sur un escalier qui descendait vers le fleuve.
La photographie portait une date à peine lisible dans un angle. Certains habitués s’amusaient à comparer la place d’aujourd’hui à celle de l’image : la pharmacie avait remplacé une mercerie, la terrasse du café occupait l’ancien emplacement d’un kiosque à fleurs, et les arbres étaient devenus assez grands pour cacher une partie du clocher. Le patron racontait parfois que l’arche avait été murée après une crue, mais personne ne savait exactement où commençait l’escalier.
Cette arche n’existait plus depuis près d’un siècle.
Pourtant, il arrivait que des clients la regardent longtemps, avec une expression difficile à définir, comme s’ils avaient le souvenir très précis d’être déjà passés dessous.
À SUIVRE
La suite reste à écrire.
Refermez le livre ou prenez la plume pour poursuivre cette histoire.