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Couverture de Le Meurtre parfait
Policier · Huis clos

Le Meurtre parfait

Roman en cours
Le Meurtre parfait 1
Le domaine de Valombre se trouvait à une trentaine de kilomètres de la ville, au bout d’une route bordée de hêtres qui cessait presque brutalement devant un portail de pierre. Derrière, une allée longue d’un demi-kilomètre montait vers la maison en traversant un parc soigneusement entretenu. L’endroit avait connu plusieurs générations, plusieurs fortunes et au moins deux transformations importantes, mais il conservait de loin la silhouette sévère d’un manoir du XIXe siècle.

La façade principale donnait sur un bassin rectangulaire où les feuilles mortes s’accumulaient dès le début de l’automne. À droite, une aile plus basse abritait les cuisines et les logements du personnel. À gauche s’étendait une terrasse de gravier, puis une pente douce jusqu’aux bois.

À l’intérieur, les pièces du rez-de-chaussée s’organisaient autour d’un grand vestibule. Le parquet grinçait davantage près de l’escalier. Les murs portaient des tableaux de famille dont les regards sombres accompagnaient les visiteurs d’une porte à l’autre. Après vingt heures, lorsque les rideaux étaient tirés, la maison semblait plus petite qu’elle ne l’était réellement, comme si le monde extérieur cessait d’exister derrière les tissus épais.

Le bureau occupait l’angle ouest. On y entrait par une porte de chêne munie d’une serrure ancienne que le propriétaire refusait de remplacer. Deux fenêtres donnaient sur le parc, mais elles étaient étroites et placées assez haut. Les bibliothèques montaient jusqu’au plafond. Au centre, un grand bureau de noyer faisait face à la cheminée.

Les domestiques y entraient peu. Le matin, on ouvrait les rideaux et l’on déposait le courrier sur un plateau. À midi, une carafe d’eau remplaçait celle de la veille. Le soir, on vérifiait le feu sans toucher aux papiers. Depuis des années, cette routine avait donné au bureau une immobilité particulière : les mêmes livres sur la table basse, le même fauteuil tourné vers la fenêtre, le même petit encrier inutilisé près d’un coupe-papier d’argent.

Cette pièce avait la réputation d’être la seule du domaine où l’on pouvait travailler sans être dérangé.

La règle était connue : lorsque la porte était fermée, on frappait une fois et l’on attendait.

Ce soir-là, vers vingt et une heures, la pluie commença à battre doucement contre les vitres du manoir. Dans la salle à manger, on dressait encore la table. Des voix montaient du vestibule. Un feu venait d’être allumé dans la cheminée du salon.

À l’ouest, la porte du bureau était déjà fermée.
Page 1
À SUIVRE

La page suivante reste à écrire.

Vous pouvez refermer le livre ou prendre la plume pour poursuivre l’histoire.

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Policier · Huis clos

Le Meurtre parfait

Roman en cours
Le Meurtre parfait 1
Le domaine de Valombre se trouvait à une trentaine de kilomètres de la ville, au bout d’une route bordée de hêtres qui cessait presque brutalement devant un portail de pierre. Derrière, une allée longue d’un demi-kilomètre montait vers la maison en traversant un parc soigneusement entretenu. L’endroit avait connu plusieurs générations, plusieurs fortunes et au moins deux transformations importantes, mais il conservait de loin la silhouette sévère d’un manoir du XIXe siècle.

La façade principale donnait sur un bassin rectangulaire où les feuilles mortes s’accumulaient dès le début de l’automne. À droite, une aile plus basse abritait les cuisines et les logements du personnel. À gauche s’étendait une terrasse de gravier, puis une pente douce jusqu’aux bois.

À l’intérieur, les pièces du rez-de-chaussée s’organisaient autour d’un grand vestibule. Le parquet grinçait davantage près de l’escalier. Les murs portaient des tableaux de famille dont les regards sombres accompagnaient les visiteurs d’une porte à l’autre. Après vingt heures, lorsque les rideaux étaient tirés, la maison semblait plus petite qu’elle ne l’était réellement, comme si le monde extérieur cessait d’exister derrière les tissus épais.

Le bureau occupait l’angle ouest. On y entrait par une porte de chêne munie d’une serrure ancienne que le propriétaire refusait de remplacer. Deux fenêtres donnaient sur le parc, mais elles étaient étroites et placées assez haut. Les bibliothèques montaient jusqu’au plafond. Au centre, un grand bureau de noyer faisait face à la cheminée.

Les domestiques y entraient peu. Le matin, on ouvrait les rideaux et l’on déposait le courrier sur un plateau. À midi, une carafe d’eau remplaçait celle de la veille. Le soir, on vérifiait le feu sans toucher aux papiers. Depuis des années, cette routine avait donné au bureau une immobilité particulière : les mêmes livres sur la table basse, le même fauteuil tourné vers la fenêtre, le même petit encrier inutilisé près d’un coupe-papier d’argent.

Cette pièce avait la réputation d’être la seule du domaine où l’on pouvait travailler sans être dérangé.

La règle était connue : lorsque la porte était fermée, on frappait une fois et l’on attendait.

Ce soir-là, vers vingt et une heures, la pluie commença à battre doucement contre les vitres du manoir. Dans la salle à manger, on dressait encore la table. Des voix montaient du vestibule. Un feu venait d’être allumé dans la cheminée du salon.

À l’ouest, la porte du bureau était déjà fermée.
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