Fantastique · Horreur
La Maison qui n’existe pas
Roman en coursLa rue des Tilleuls était courte et tranquille, une de ces rues résidentielles où les maisons avaient été construites à des époques différentes sans que cela choque vraiment personne. On y trouvait une petite bâtisse des années trente, deux pavillons aux façades crépies, un immeuble de quatre étages et, tout au bout, un terrain vague que la mairie promettait de vendre depuis plus de dix ans.
Le terrain était devenu une habitude du quartier. Les herbes montaient haut au printemps. En été, elles jaunissaient jusqu’à prendre la couleur de la paille. Les enfants y avaient tracé un passage entre les orties et les adolescents avaient fini par couvrir le vieux grillage de cadenas, de rubans et de morceaux de ficelle. Un panneau « propriété privée » penchait vers la chaussée sans convaincre grand monde.
Le matin, la rue s’éveillait doucement. On entendait d’abord le camion des éboueurs, puis le moteur d’un scooter qui démarrait toujours trop bruyamment au numéro 8. Un peu plus tard venaient les portes de garage, les appels lancés d’une fenêtre à l’autre, les pas pressés sur le trottoir.
Ce mercredi de septembre avait commencé exactement ainsi.
La pluie de la veille avait laissé une odeur de terre fraîche. Des gouttes restaient suspendues aux feuilles des tilleuls. Devant l’immeuble du numéro 12, quelqu’un avait oublié un parapluie cassé contre une poubelle. Une femme promenait un petit chien gris. Plus loin, un enfant roulait vers l’école sur une trottinette dont une roue grinçait à chaque tour.
Au bout de la rue, pourtant, le terrain vague n’était plus visible.
À sa place se tenait une maison blanche, reculée derrière un petit jardin. Deux étages, quatre fenêtres en façade, une porte bleu sombre et un toit d’ardoise encore humide. Le portail était fermé. Une allée de pierres claires traversait une pelouse parfaitement taillée.
Rien n’indiquait des travaux récents. Pas de terre retournée, pas de clôture provisoire, pas de gravats.
Même les détails du jardin semblaient avoir eu le temps de vieillir. Un rosier courait le long d’un treillage. Le bord des marches avait été légèrement arrondi par l’usage. Sous l’une des fenêtres, un banc de bois portait deux zones plus claires, comme si des pots de fleurs y avaient longtemps reposé. La gouttière était marquée par une fine traînée de rouille. Rien de neuf, rien de provisoire. Tout racontait plusieurs années de présence dans une rue où personne ne se souvenait pourtant de cette présence.
La maison semblait ancienne.
Et sur la boîte aux lettres, une plaque de cuivre portait déjà un nom.
Le terrain était devenu une habitude du quartier. Les herbes montaient haut au printemps. En été, elles jaunissaient jusqu’à prendre la couleur de la paille. Les enfants y avaient tracé un passage entre les orties et les adolescents avaient fini par couvrir le vieux grillage de cadenas, de rubans et de morceaux de ficelle. Un panneau « propriété privée » penchait vers la chaussée sans convaincre grand monde.
Le matin, la rue s’éveillait doucement. On entendait d’abord le camion des éboueurs, puis le moteur d’un scooter qui démarrait toujours trop bruyamment au numéro 8. Un peu plus tard venaient les portes de garage, les appels lancés d’une fenêtre à l’autre, les pas pressés sur le trottoir.
Ce mercredi de septembre avait commencé exactement ainsi.
La pluie de la veille avait laissé une odeur de terre fraîche. Des gouttes restaient suspendues aux feuilles des tilleuls. Devant l’immeuble du numéro 12, quelqu’un avait oublié un parapluie cassé contre une poubelle. Une femme promenait un petit chien gris. Plus loin, un enfant roulait vers l’école sur une trottinette dont une roue grinçait à chaque tour.
Au bout de la rue, pourtant, le terrain vague n’était plus visible.
À sa place se tenait une maison blanche, reculée derrière un petit jardin. Deux étages, quatre fenêtres en façade, une porte bleu sombre et un toit d’ardoise encore humide. Le portail était fermé. Une allée de pierres claires traversait une pelouse parfaitement taillée.
Rien n’indiquait des travaux récents. Pas de terre retournée, pas de clôture provisoire, pas de gravats.
Même les détails du jardin semblaient avoir eu le temps de vieillir. Un rosier courait le long d’un treillage. Le bord des marches avait été légèrement arrondi par l’usage. Sous l’une des fenêtres, un banc de bois portait deux zones plus claires, comme si des pots de fleurs y avaient longtemps reposé. La gouttière était marquée par une fine traînée de rouille. Rien de neuf, rien de provisoire. Tout racontait plusieurs années de présence dans une rue où personne ne se souvenait pourtant de cette présence.
La maison semblait ancienne.
Et sur la boîte aux lettres, une plaque de cuivre portait déjà un nom.
À SUIVRE
La page suivante reste à écrire.
Vous pouvez refermer le livre ou prendre la plume pour poursuivre l’histoire.
Fantastique · Horreur
La Maison qui n’existe pas
Roman en coursLa rue des Tilleuls était courte et tranquille, une de ces rues résidentielles où les maisons avaient été construites à des époques différentes sans que cela choque vraiment personne. On y trouvait une petite bâtisse des années trente, deux pavillons aux façades crépies, un immeuble de quatre étages et, tout au bout, un terrain vague que la mairie promettait de vendre depuis plus de dix ans.
Le terrain était devenu une habitude du quartier. Les herbes montaient haut au printemps. En été, elles jaunissaient jusqu’à prendre la couleur de la paille. Les enfants y avaient tracé un passage entre les orties et les adolescents avaient fini par couvrir le vieux grillage de cadenas, de rubans et de morceaux de ficelle. Un panneau « propriété privée » penchait vers la chaussée sans convaincre grand monde.
Le matin, la rue s’éveillait doucement. On entendait d’abord le camion des éboueurs, puis le moteur d’un scooter qui démarrait toujours trop bruyamment au numéro 8. Un peu plus tard venaient les portes de garage, les appels lancés d’une fenêtre à l’autre, les pas pressés sur le trottoir.
Ce mercredi de septembre avait commencé exactement ainsi.
La pluie de la veille avait laissé une odeur de terre fraîche. Des gouttes restaient suspendues aux feuilles des tilleuls. Devant l’immeuble du numéro 12, quelqu’un avait oublié un parapluie cassé contre une poubelle. Une femme promenait un petit chien gris. Plus loin, un enfant roulait vers l’école sur une trottinette dont une roue grinçait à chaque tour.
Au bout de la rue, pourtant, le terrain vague n’était plus visible.
À sa place se tenait une maison blanche, reculée derrière un petit jardin. Deux étages, quatre fenêtres en façade, une porte bleu sombre et un toit d’ardoise encore humide. Le portail était fermé. Une allée de pierres claires traversait une pelouse parfaitement taillée.
Rien n’indiquait des travaux récents. Pas de terre retournée, pas de clôture provisoire, pas de gravats.
Même les détails du jardin semblaient avoir eu le temps de vieillir. Un rosier courait le long d’un treillage. Le bord des marches avait été légèrement arrondi par l’usage. Sous l’une des fenêtres, un banc de bois portait deux zones plus claires, comme si des pots de fleurs y avaient longtemps reposé. La gouttière était marquée par une fine traînée de rouille. Rien de neuf, rien de provisoire. Tout racontait plusieurs années de présence dans une rue où personne ne se souvenait pourtant de cette présence.
La maison semblait ancienne.
Et sur la boîte aux lettres, une plaque de cuivre portait déjà un nom.
Le terrain était devenu une habitude du quartier. Les herbes montaient haut au printemps. En été, elles jaunissaient jusqu’à prendre la couleur de la paille. Les enfants y avaient tracé un passage entre les orties et les adolescents avaient fini par couvrir le vieux grillage de cadenas, de rubans et de morceaux de ficelle. Un panneau « propriété privée » penchait vers la chaussée sans convaincre grand monde.
Le matin, la rue s’éveillait doucement. On entendait d’abord le camion des éboueurs, puis le moteur d’un scooter qui démarrait toujours trop bruyamment au numéro 8. Un peu plus tard venaient les portes de garage, les appels lancés d’une fenêtre à l’autre, les pas pressés sur le trottoir.
Ce mercredi de septembre avait commencé exactement ainsi.
La pluie de la veille avait laissé une odeur de terre fraîche. Des gouttes restaient suspendues aux feuilles des tilleuls. Devant l’immeuble du numéro 12, quelqu’un avait oublié un parapluie cassé contre une poubelle. Une femme promenait un petit chien gris. Plus loin, un enfant roulait vers l’école sur une trottinette dont une roue grinçait à chaque tour.
Au bout de la rue, pourtant, le terrain vague n’était plus visible.
À sa place se tenait une maison blanche, reculée derrière un petit jardin. Deux étages, quatre fenêtres en façade, une porte bleu sombre et un toit d’ardoise encore humide. Le portail était fermé. Une allée de pierres claires traversait une pelouse parfaitement taillée.
Rien n’indiquait des travaux récents. Pas de terre retournée, pas de clôture provisoire, pas de gravats.
Même les détails du jardin semblaient avoir eu le temps de vieillir. Un rosier courait le long d’un treillage. Le bord des marches avait été légèrement arrondi par l’usage. Sous l’une des fenêtres, un banc de bois portait deux zones plus claires, comme si des pots de fleurs y avaient longtemps reposé. La gouttière était marquée par une fine traînée de rouille. Rien de neuf, rien de provisoire. Tout racontait plusieurs années de présence dans une rue où personne ne se souvenait pourtant de cette présence.
La maison semblait ancienne.
Et sur la boîte aux lettres, une plaque de cuivre portait déjà un nom.
À SUIVRE
La suite reste à écrire.
Refermez le livre ou prenez la plume pour poursuivre cette histoire.