Science-fiction · Colonisation
Mars 2147
Roman en coursÀ l’aube martienne, Lowell-City ressemblait moins à une ville qu’à une série de lumières retenues sous du verre. Depuis les reliefs du plateau, on distinguait d’abord les trois grands dômes, légèrement opaques à cause de la poussière, puis les corridors pressurisés qui les reliaient comme des veines pâles. Plus loin, les zones techniques formaient un damier de hangars bas, d’antennes et de réservoirs enterrés à moitié dans le sol rouge.
Le soleil se levait vite, mais il chauffait peu. Sa lumière donnait aux structures métalliques une teinte presque blanche et projetait des ombres très longues sur la plaine. Les panneaux solaires suivaient lentement sa course. Au bord du périmètre habité, des balises clignotaient dans le silence, rappelant la limite au-delà de laquelle chaque sortie exigeait une autorisation, une combinaison et assez d’oxygène pour revenir.
À l’intérieur du dôme principal, la matinée commençait comme partout où les hommes avaient fini par s’installer durablement. On ouvrait les boutiques, on nettoyait les couloirs, on conduisait les enfants vers les modules scolaires. Des plantes poussaient sous des verrières artificiellement éclairées. Dans les cafés, on servait un liquide que tout le monde continuait d’appeler café, bien qu’une partie des grains vienne désormais des serres équatoriales de la Lune.
La ville avait aussi ses endroits plus anciens, ceux que les visiteurs remarquaient rarement. Le premier module d’habitation, conservé comme un petit musée. Une galerie où l’on voyait encore les marques des bottes des pionniers dans le revêtement. Un réservoir cylindrique sur lequel avaient été peints, au fil des décennies, les noms de ceux qui étaient nés sur Mars. Ces traces donnaient à Lowell-City une histoire que ses habitants défendaient avec fierté : ils n’étaient plus seulement des occupants d’une base, mais les habitants d’un lieu.
Lowell-City comptait près de trente mille habitants. On y était né, on s’y mariait, on y vieillissait. Les premiers colons racontaient encore qu’à leur arrivée chaque bruit semblait dangereux ; un siècle plus tard, les gens se plaignaient surtout du prix de l’eau, du retard des navettes et des coupures de réseau.
Au nord-est, derrière les derniers pylônes, commençait une région que les cartes civiles représentaient dans une couleur uniforme. Aucun habitat. Aucun chantier. Aucun trajet touristique. Une vaste zone de roche sombre, ravinée par d’anciens écoulements et fermée depuis des années.
Dans les salles de contrôle, on l’appelait simplement Nereid-12.
La plupart des habitants de Lowell-City n’avaient jamais eu de raison de prononcer ce nom.
Ce matin-là, pourtant, une antenne de communication orientée vers le nord se réajusta d’elle-même de quelques degrés.
Le soleil se levait vite, mais il chauffait peu. Sa lumière donnait aux structures métalliques une teinte presque blanche et projetait des ombres très longues sur la plaine. Les panneaux solaires suivaient lentement sa course. Au bord du périmètre habité, des balises clignotaient dans le silence, rappelant la limite au-delà de laquelle chaque sortie exigeait une autorisation, une combinaison et assez d’oxygène pour revenir.
À l’intérieur du dôme principal, la matinée commençait comme partout où les hommes avaient fini par s’installer durablement. On ouvrait les boutiques, on nettoyait les couloirs, on conduisait les enfants vers les modules scolaires. Des plantes poussaient sous des verrières artificiellement éclairées. Dans les cafés, on servait un liquide que tout le monde continuait d’appeler café, bien qu’une partie des grains vienne désormais des serres équatoriales de la Lune.
La ville avait aussi ses endroits plus anciens, ceux que les visiteurs remarquaient rarement. Le premier module d’habitation, conservé comme un petit musée. Une galerie où l’on voyait encore les marques des bottes des pionniers dans le revêtement. Un réservoir cylindrique sur lequel avaient été peints, au fil des décennies, les noms de ceux qui étaient nés sur Mars. Ces traces donnaient à Lowell-City une histoire que ses habitants défendaient avec fierté : ils n’étaient plus seulement des occupants d’une base, mais les habitants d’un lieu.
Lowell-City comptait près de trente mille habitants. On y était né, on s’y mariait, on y vieillissait. Les premiers colons racontaient encore qu’à leur arrivée chaque bruit semblait dangereux ; un siècle plus tard, les gens se plaignaient surtout du prix de l’eau, du retard des navettes et des coupures de réseau.
Au nord-est, derrière les derniers pylônes, commençait une région que les cartes civiles représentaient dans une couleur uniforme. Aucun habitat. Aucun chantier. Aucun trajet touristique. Une vaste zone de roche sombre, ravinée par d’anciens écoulements et fermée depuis des années.
Dans les salles de contrôle, on l’appelait simplement Nereid-12.
La plupart des habitants de Lowell-City n’avaient jamais eu de raison de prononcer ce nom.
Ce matin-là, pourtant, une antenne de communication orientée vers le nord se réajusta d’elle-même de quelques degrés.
À SUIVRE
La page suivante reste à écrire.
Vous pouvez refermer le livre ou prendre la plume pour poursuivre l’histoire.
Science-fiction · Colonisation
Mars 2147
Roman en coursÀ l’aube martienne, Lowell-City ressemblait moins à une ville qu’à une série de lumières retenues sous du verre. Depuis les reliefs du plateau, on distinguait d’abord les trois grands dômes, légèrement opaques à cause de la poussière, puis les corridors pressurisés qui les reliaient comme des veines pâles. Plus loin, les zones techniques formaient un damier de hangars bas, d’antennes et de réservoirs enterrés à moitié dans le sol rouge.
Le soleil se levait vite, mais il chauffait peu. Sa lumière donnait aux structures métalliques une teinte presque blanche et projetait des ombres très longues sur la plaine. Les panneaux solaires suivaient lentement sa course. Au bord du périmètre habité, des balises clignotaient dans le silence, rappelant la limite au-delà de laquelle chaque sortie exigeait une autorisation, une combinaison et assez d’oxygène pour revenir.
À l’intérieur du dôme principal, la matinée commençait comme partout où les hommes avaient fini par s’installer durablement. On ouvrait les boutiques, on nettoyait les couloirs, on conduisait les enfants vers les modules scolaires. Des plantes poussaient sous des verrières artificiellement éclairées. Dans les cafés, on servait un liquide que tout le monde continuait d’appeler café, bien qu’une partie des grains vienne désormais des serres équatoriales de la Lune.
La ville avait aussi ses endroits plus anciens, ceux que les visiteurs remarquaient rarement. Le premier module d’habitation, conservé comme un petit musée. Une galerie où l’on voyait encore les marques des bottes des pionniers dans le revêtement. Un réservoir cylindrique sur lequel avaient été peints, au fil des décennies, les noms de ceux qui étaient nés sur Mars. Ces traces donnaient à Lowell-City une histoire que ses habitants défendaient avec fierté : ils n’étaient plus seulement des occupants d’une base, mais les habitants d’un lieu.
Lowell-City comptait près de trente mille habitants. On y était né, on s’y mariait, on y vieillissait. Les premiers colons racontaient encore qu’à leur arrivée chaque bruit semblait dangereux ; un siècle plus tard, les gens se plaignaient surtout du prix de l’eau, du retard des navettes et des coupures de réseau.
Au nord-est, derrière les derniers pylônes, commençait une région que les cartes civiles représentaient dans une couleur uniforme. Aucun habitat. Aucun chantier. Aucun trajet touristique. Une vaste zone de roche sombre, ravinée par d’anciens écoulements et fermée depuis des années.
Dans les salles de contrôle, on l’appelait simplement Nereid-12.
La plupart des habitants de Lowell-City n’avaient jamais eu de raison de prononcer ce nom.
Ce matin-là, pourtant, une antenne de communication orientée vers le nord se réajusta d’elle-même de quelques degrés.
Le soleil se levait vite, mais il chauffait peu. Sa lumière donnait aux structures métalliques une teinte presque blanche et projetait des ombres très longues sur la plaine. Les panneaux solaires suivaient lentement sa course. Au bord du périmètre habité, des balises clignotaient dans le silence, rappelant la limite au-delà de laquelle chaque sortie exigeait une autorisation, une combinaison et assez d’oxygène pour revenir.
À l’intérieur du dôme principal, la matinée commençait comme partout où les hommes avaient fini par s’installer durablement. On ouvrait les boutiques, on nettoyait les couloirs, on conduisait les enfants vers les modules scolaires. Des plantes poussaient sous des verrières artificiellement éclairées. Dans les cafés, on servait un liquide que tout le monde continuait d’appeler café, bien qu’une partie des grains vienne désormais des serres équatoriales de la Lune.
La ville avait aussi ses endroits plus anciens, ceux que les visiteurs remarquaient rarement. Le premier module d’habitation, conservé comme un petit musée. Une galerie où l’on voyait encore les marques des bottes des pionniers dans le revêtement. Un réservoir cylindrique sur lequel avaient été peints, au fil des décennies, les noms de ceux qui étaient nés sur Mars. Ces traces donnaient à Lowell-City une histoire que ses habitants défendaient avec fierté : ils n’étaient plus seulement des occupants d’une base, mais les habitants d’un lieu.
Lowell-City comptait près de trente mille habitants. On y était né, on s’y mariait, on y vieillissait. Les premiers colons racontaient encore qu’à leur arrivée chaque bruit semblait dangereux ; un siècle plus tard, les gens se plaignaient surtout du prix de l’eau, du retard des navettes et des coupures de réseau.
Au nord-est, derrière les derniers pylônes, commençait une région que les cartes civiles représentaient dans une couleur uniforme. Aucun habitat. Aucun chantier. Aucun trajet touristique. Une vaste zone de roche sombre, ravinée par d’anciens écoulements et fermée depuis des années.
Dans les salles de contrôle, on l’appelait simplement Nereid-12.
La plupart des habitants de Lowell-City n’avaient jamais eu de raison de prononcer ce nom.
Ce matin-là, pourtant, une antenne de communication orientée vers le nord se réajusta d’elle-même de quelques degrés.
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