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Couverture de La Chambre 307
Thriller · Mystère

La Chambre 307

Roman en cours
La Chambre 307 1
L’hôtel Beaumont occupait tout un angle de rue, entre une banque fermée depuis des années et un magasin de rideaux dont la devanture n’avait pas changé depuis les années quatre-vingt. De loin, l’établissement conservait quelque chose d’élégant : cinq étages de pierre claire, des balcons en fer forgé et, au-dessus de la porte tournante, des lettres dorées qui accrochaient encore la lumière. Il fallait s’approcher pour voir les joints fatigués, les corniches noircies et les petites fissures qui couraient sous certaines fenêtres.

Le hall, lui, semblait appartenir à une époque qui avait décidé de rester sur place. Un grand tapis rouge couvrait le marbre jusqu’à la réception. Deux fauteuils de velours vert encadraient une table basse chargée de revues anciennes. Derrière le comptoir, un panneau de bois sombre portait des crochets pour les clés, même si la plupart des chambres s’ouvraient désormais avec des cartes magnétiques.

À la tombée du soir, le Beaumont devenait particulièrement silencieux. La circulation diminuait dans la rue, le restaurant du rez-de-chaussée cessait de servir vers vingt-deux heures et les couloirs prenaient cette odeur un peu douce de cire, de linge propre et de chauffage ancien que l’on ne trouve plus dans les hôtels récents.

Le troisième étage n’avait pas été rénové en même temps que le reste de l’hôtel. Les murs y portaient encore un papier peint à motifs géométriques, presque invisible dans la lumière des appliques. Près de l’ascenseur, une photographie en noir et blanc montrait le Beaumont en 1964, avec des automobiles alignées devant l’entrée et des portiers en uniforme. La photo était légèrement de travers depuis des années ; personne ne semblait jamais penser à la redresser.

Au troisième étage, la moquette était plus épaisse qu’ailleurs. Le couloir dessinait un long rectangle autour de la cage d’escalier, éclairé par de petites appliques jaunes. Les portes se suivaient dans l’ordre : 301, 302, 303. Devant la 305, le papier peint se décollait légèrement à hauteur de plinthe. La 306 était presque toujours occupée par des commerciaux de passage.

La 307 se trouvait au fond, à quelques mètres d’une fenêtre condamnée qui donnait sur une cour intérieure.

Sa porte n’avait rien de particulier. Même peinture crème, même poignée de laiton, même petit judas rond. Pourtant, à la réception, son casier ne contenait pas de carte magnétique. Seulement une clé ancienne, lourde, attachée à un losange de bois noir.

Sur le registre de nuit, une ligne avait été ajoutée à la main depuis si longtemps que l’encre avait presque bruni.

Chambre 307 : ne pas déranger après minuit.
Page 1
À SUIVRE

La page suivante reste à écrire.

Vous pouvez refermer le livre ou prendre la plume pour poursuivre l’histoire.

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La Chambre 307

Roman en cours
La Chambre 307 1
L’hôtel Beaumont occupait tout un angle de rue, entre une banque fermée depuis des années et un magasin de rideaux dont la devanture n’avait pas changé depuis les années quatre-vingt. De loin, l’établissement conservait quelque chose d’élégant : cinq étages de pierre claire, des balcons en fer forgé et, au-dessus de la porte tournante, des lettres dorées qui accrochaient encore la lumière. Il fallait s’approcher pour voir les joints fatigués, les corniches noircies et les petites fissures qui couraient sous certaines fenêtres.

Le hall, lui, semblait appartenir à une époque qui avait décidé de rester sur place. Un grand tapis rouge couvrait le marbre jusqu’à la réception. Deux fauteuils de velours vert encadraient une table basse chargée de revues anciennes. Derrière le comptoir, un panneau de bois sombre portait des crochets pour les clés, même si la plupart des chambres s’ouvraient désormais avec des cartes magnétiques.

À la tombée du soir, le Beaumont devenait particulièrement silencieux. La circulation diminuait dans la rue, le restaurant du rez-de-chaussée cessait de servir vers vingt-deux heures et les couloirs prenaient cette odeur un peu douce de cire, de linge propre et de chauffage ancien que l’on ne trouve plus dans les hôtels récents.

Le troisième étage n’avait pas été rénové en même temps que le reste de l’hôtel. Les murs y portaient encore un papier peint à motifs géométriques, presque invisible dans la lumière des appliques. Près de l’ascenseur, une photographie en noir et blanc montrait le Beaumont en 1964, avec des automobiles alignées devant l’entrée et des portiers en uniforme. La photo était légèrement de travers depuis des années ; personne ne semblait jamais penser à la redresser.

Au troisième étage, la moquette était plus épaisse qu’ailleurs. Le couloir dessinait un long rectangle autour de la cage d’escalier, éclairé par de petites appliques jaunes. Les portes se suivaient dans l’ordre : 301, 302, 303. Devant la 305, le papier peint se décollait légèrement à hauteur de plinthe. La 306 était presque toujours occupée par des commerciaux de passage.

La 307 se trouvait au fond, à quelques mètres d’une fenêtre condamnée qui donnait sur une cour intérieure.

Sa porte n’avait rien de particulier. Même peinture crème, même poignée de laiton, même petit judas rond. Pourtant, à la réception, son casier ne contenait pas de carte magnétique. Seulement une clé ancienne, lourde, attachée à un losange de bois noir.

Sur le registre de nuit, une ligne avait été ajoutée à la main depuis si longtemps que l’encre avait presque bruni.

Chambre 307 : ne pas déranger après minuit.
Page 1
À SUIVRE

La suite reste à écrire.

Refermez le livre ou prenez la plume pour poursuivre cette histoire.