Fantasy · Intrigue politique
Le Roi sans visage
Roman en coursLa cité royale avait été construite autour d’une colline dont le sommet appartenait entièrement au palais. Les rues montaient en cercles successifs depuis les marchés du bas jusqu’aux portes de la cour intérieure. Plus on avançait, plus les façades devenaient hautes, les pavés réguliers et les gardes nombreux.
Le palais lui-même était moins fastueux qu’ancien. Ses pierres, presque noires lorsqu’il pleuvait, avaient été polies par des siècles de vent. Les salles publiques étaient vastes, couvertes de tapisseries racontant des guerres oubliées et des alliances dont personne ne se souvenait précisément. Dans la grande galerie, les portraits des souverains formaient une suite ininterrompue.
Tous portaient un masque.
Certains étaient d’argent, d’autres d’or sombre ou d’ivoire. Les chroniqueurs expliquaient que la tradition remontait à la fondation du royaume. Le visage du souverain ne devait appartenir à personne. Ni aux courtisans, ni aux ennemis, ni même au peuple. Seule la voix, disait-on, devait gouverner.
La tradition avait façonné jusqu’à l’architecture du palais. Les salles d’audience étaient conçues pour maintenir le souverain à distance. Les balcons royaux restaient profonds et ombragés. Dans les cérémonies, les courtisans se plaçaient selon des angles précis, et les peintres officiels savaient représenter un règne sans jamais montrer de traits humains. Cette absence avait cessé d’être une curiosité ; elle faisait partie du paysage politique au même titre que les armoiries et les lois.
Avec le temps, plus personne ne trouvait cela étrange.
Lors des cérémonies, le roi apparaissait en hauteur, vêtu de noir et de pourpre, le visage entièrement couvert. Les enfants apprenaient à s’incliner devant lui avant même de savoir écrire. Les pièces de monnaie portaient une couronne sans portrait.
Dans les ateliers du quartier royal, les artisans préparaient aussi les objets du cérémonial. On polissait des hampes, on réparait des broderies, on comptait les cierges qui seraient allumés dans la grande salle. Parmi ces tâches, la fabrication du masque royal était la plus discrète. Peu de personnes y assistaient et aucune ne parlait de ce qu’elle avait vu.
Cette année-là, le vieux roi était mort au début de l’hiver.
Depuis trois jours, la ville préparait le couronnement de son successeur. Des bannières étaient tendues entre les maisons. Les rues proches du palais avaient été nettoyées. Dans les ateliers, on travaillait tard pour terminer les uniformes et les tentures.
Au cœur du palais, dans une pièce sans fenêtre, le nouveau masque attendait sur un coussin de velours noir.
Le palais lui-même était moins fastueux qu’ancien. Ses pierres, presque noires lorsqu’il pleuvait, avaient été polies par des siècles de vent. Les salles publiques étaient vastes, couvertes de tapisseries racontant des guerres oubliées et des alliances dont personne ne se souvenait précisément. Dans la grande galerie, les portraits des souverains formaient une suite ininterrompue.
Tous portaient un masque.
Certains étaient d’argent, d’autres d’or sombre ou d’ivoire. Les chroniqueurs expliquaient que la tradition remontait à la fondation du royaume. Le visage du souverain ne devait appartenir à personne. Ni aux courtisans, ni aux ennemis, ni même au peuple. Seule la voix, disait-on, devait gouverner.
La tradition avait façonné jusqu’à l’architecture du palais. Les salles d’audience étaient conçues pour maintenir le souverain à distance. Les balcons royaux restaient profonds et ombragés. Dans les cérémonies, les courtisans se plaçaient selon des angles précis, et les peintres officiels savaient représenter un règne sans jamais montrer de traits humains. Cette absence avait cessé d’être une curiosité ; elle faisait partie du paysage politique au même titre que les armoiries et les lois.
Avec le temps, plus personne ne trouvait cela étrange.
Lors des cérémonies, le roi apparaissait en hauteur, vêtu de noir et de pourpre, le visage entièrement couvert. Les enfants apprenaient à s’incliner devant lui avant même de savoir écrire. Les pièces de monnaie portaient une couronne sans portrait.
Dans les ateliers du quartier royal, les artisans préparaient aussi les objets du cérémonial. On polissait des hampes, on réparait des broderies, on comptait les cierges qui seraient allumés dans la grande salle. Parmi ces tâches, la fabrication du masque royal était la plus discrète. Peu de personnes y assistaient et aucune ne parlait de ce qu’elle avait vu.
Cette année-là, le vieux roi était mort au début de l’hiver.
Depuis trois jours, la ville préparait le couronnement de son successeur. Des bannières étaient tendues entre les maisons. Les rues proches du palais avaient été nettoyées. Dans les ateliers, on travaillait tard pour terminer les uniformes et les tentures.
Au cœur du palais, dans une pièce sans fenêtre, le nouveau masque attendait sur un coussin de velours noir.
À SUIVRE
La page suivante reste à écrire.
Vous pouvez refermer le livre ou prendre la plume pour poursuivre l’histoire.
Fantasy · Intrigue politique
Le Roi sans visage
Roman en coursLa cité royale avait été construite autour d’une colline dont le sommet appartenait entièrement au palais. Les rues montaient en cercles successifs depuis les marchés du bas jusqu’aux portes de la cour intérieure. Plus on avançait, plus les façades devenaient hautes, les pavés réguliers et les gardes nombreux.
Le palais lui-même était moins fastueux qu’ancien. Ses pierres, presque noires lorsqu’il pleuvait, avaient été polies par des siècles de vent. Les salles publiques étaient vastes, couvertes de tapisseries racontant des guerres oubliées et des alliances dont personne ne se souvenait précisément. Dans la grande galerie, les portraits des souverains formaient une suite ininterrompue.
Tous portaient un masque.
Certains étaient d’argent, d’autres d’or sombre ou d’ivoire. Les chroniqueurs expliquaient que la tradition remontait à la fondation du royaume. Le visage du souverain ne devait appartenir à personne. Ni aux courtisans, ni aux ennemis, ni même au peuple. Seule la voix, disait-on, devait gouverner.
La tradition avait façonné jusqu’à l’architecture du palais. Les salles d’audience étaient conçues pour maintenir le souverain à distance. Les balcons royaux restaient profonds et ombragés. Dans les cérémonies, les courtisans se plaçaient selon des angles précis, et les peintres officiels savaient représenter un règne sans jamais montrer de traits humains. Cette absence avait cessé d’être une curiosité ; elle faisait partie du paysage politique au même titre que les armoiries et les lois.
Avec le temps, plus personne ne trouvait cela étrange.
Lors des cérémonies, le roi apparaissait en hauteur, vêtu de noir et de pourpre, le visage entièrement couvert. Les enfants apprenaient à s’incliner devant lui avant même de savoir écrire. Les pièces de monnaie portaient une couronne sans portrait.
Dans les ateliers du quartier royal, les artisans préparaient aussi les objets du cérémonial. On polissait des hampes, on réparait des broderies, on comptait les cierges qui seraient allumés dans la grande salle. Parmi ces tâches, la fabrication du masque royal était la plus discrète. Peu de personnes y assistaient et aucune ne parlait de ce qu’elle avait vu.
Cette année-là, le vieux roi était mort au début de l’hiver.
Depuis trois jours, la ville préparait le couronnement de son successeur. Des bannières étaient tendues entre les maisons. Les rues proches du palais avaient été nettoyées. Dans les ateliers, on travaillait tard pour terminer les uniformes et les tentures.
Au cœur du palais, dans une pièce sans fenêtre, le nouveau masque attendait sur un coussin de velours noir.
Le palais lui-même était moins fastueux qu’ancien. Ses pierres, presque noires lorsqu’il pleuvait, avaient été polies par des siècles de vent. Les salles publiques étaient vastes, couvertes de tapisseries racontant des guerres oubliées et des alliances dont personne ne se souvenait précisément. Dans la grande galerie, les portraits des souverains formaient une suite ininterrompue.
Tous portaient un masque.
Certains étaient d’argent, d’autres d’or sombre ou d’ivoire. Les chroniqueurs expliquaient que la tradition remontait à la fondation du royaume. Le visage du souverain ne devait appartenir à personne. Ni aux courtisans, ni aux ennemis, ni même au peuple. Seule la voix, disait-on, devait gouverner.
La tradition avait façonné jusqu’à l’architecture du palais. Les salles d’audience étaient conçues pour maintenir le souverain à distance. Les balcons royaux restaient profonds et ombragés. Dans les cérémonies, les courtisans se plaçaient selon des angles précis, et les peintres officiels savaient représenter un règne sans jamais montrer de traits humains. Cette absence avait cessé d’être une curiosité ; elle faisait partie du paysage politique au même titre que les armoiries et les lois.
Avec le temps, plus personne ne trouvait cela étrange.
Lors des cérémonies, le roi apparaissait en hauteur, vêtu de noir et de pourpre, le visage entièrement couvert. Les enfants apprenaient à s’incliner devant lui avant même de savoir écrire. Les pièces de monnaie portaient une couronne sans portrait.
Dans les ateliers du quartier royal, les artisans préparaient aussi les objets du cérémonial. On polissait des hampes, on réparait des broderies, on comptait les cierges qui seraient allumés dans la grande salle. Parmi ces tâches, la fabrication du masque royal était la plus discrète. Peu de personnes y assistaient et aucune ne parlait de ce qu’elle avait vu.
Cette année-là, le vieux roi était mort au début de l’hiver.
Depuis trois jours, la ville préparait le couronnement de son successeur. Des bannières étaient tendues entre les maisons. Les rues proches du palais avaient été nettoyées. Dans les ateliers, on travaillait tard pour terminer les uniformes et les tentures.
Au cœur du palais, dans une pièce sans fenêtre, le nouveau masque attendait sur un coussin de velours noir.
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