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Couverture de La Porte sous l’océan
Aventure · Science-fiction

La Porte sous l’océan

Roman en cours
La Porte sous l’océan 1
À près de cinq mille mètres sous la surface, l’océan ne ressemblait plus à l’idée que l’on s’en fait depuis la terre. Il n’y avait ni bleu ni horizon, seulement une obscurité complète que les projecteurs découpaient sur quelques dizaines de mètres. Au-delà du faisceau, tout redevenait noir.

Le fond se composait ici d’une vaste pente basaltique, interrompue par des failles, des cheminées minérales et des zones de sédiments si fins que le passage d’un appareil suffisait à les soulever pendant plusieurs minutes. La température restait proche de zéro. La pression, elle, aurait écrasé instantanément presque tout objet conçu pour la surface.

À bord du navire de recherche, plusieurs heures de préparation précédaient chaque plongée. On vérifiait les batteries, les communications, l’étanchéité des compartiments et les bras de prélèvement. Les cartes étaient mises à jour au retour de chaque mission, parfois pour quelques mètres de relief seulement. Cette lenteur faisait partie du travail : dans les abysses, un détail mal relevé pouvait faire perdre une journée entière ou endommager un appareil qui coûtait plusieurs millions.

Les missions profondes progressaient lentement. On cartographiait le relief au sonar, on prélevait des échantillons, on filmait des espèces dont certaines n’avaient encore jamais été décrites. La plupart du temps, les découvertes intéressantes étaient petites : une bactérie, une variation chimique, un crustacé translucide.

La zone n’avait rien de spectaculaire sur les cartes. Un rectangle de relief accidenté, trop profond pour intéresser la pêche, trop éloigné des routes commerciales, connu surtout de quelques géologues et des équipages scientifiques qui revenaient ici tous les deux ou trois ans. Sur les images prises lors de campagnes précédentes, on voyait toujours la même falaise sombre, couverte par endroits de dépôts blanchâtres.

Le secteur étudié ce jour-là avait été choisi pour une raison très ordinaire. Une campagne précédente avait relevé une anomalie de densité dans la paroi d’une fosse. On supposait une poche minérale, peut-être une cavité.

Sur les écrans, le relief apparaissait sous forme de lignes, de chiffres et de volumes colorés. Pendant près de deux heures, rien ne distingua cette plongée des précédentes.

Puis le sonar dessina un angle droit.

Dans la nature, même à cette profondeur, les lignes parfaitement droites restent rares.

L’appareil poursuivit son approche.

Quelques minutes plus tard, les projecteurs atteignirent la paroi.
Page 1
À SUIVRE

La page suivante reste à écrire.

Vous pouvez refermer le livre ou prendre la plume pour poursuivre l’histoire.

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Aventure · Science-fiction

La Porte sous l’océan

Roman en cours
La Porte sous l’océan 1
À près de cinq mille mètres sous la surface, l’océan ne ressemblait plus à l’idée que l’on s’en fait depuis la terre. Il n’y avait ni bleu ni horizon, seulement une obscurité complète que les projecteurs découpaient sur quelques dizaines de mètres. Au-delà du faisceau, tout redevenait noir.

Le fond se composait ici d’une vaste pente basaltique, interrompue par des failles, des cheminées minérales et des zones de sédiments si fins que le passage d’un appareil suffisait à les soulever pendant plusieurs minutes. La température restait proche de zéro. La pression, elle, aurait écrasé instantanément presque tout objet conçu pour la surface.

À bord du navire de recherche, plusieurs heures de préparation précédaient chaque plongée. On vérifiait les batteries, les communications, l’étanchéité des compartiments et les bras de prélèvement. Les cartes étaient mises à jour au retour de chaque mission, parfois pour quelques mètres de relief seulement. Cette lenteur faisait partie du travail : dans les abysses, un détail mal relevé pouvait faire perdre une journée entière ou endommager un appareil qui coûtait plusieurs millions.

Les missions profondes progressaient lentement. On cartographiait le relief au sonar, on prélevait des échantillons, on filmait des espèces dont certaines n’avaient encore jamais été décrites. La plupart du temps, les découvertes intéressantes étaient petites : une bactérie, une variation chimique, un crustacé translucide.

La zone n’avait rien de spectaculaire sur les cartes. Un rectangle de relief accidenté, trop profond pour intéresser la pêche, trop éloigné des routes commerciales, connu surtout de quelques géologues et des équipages scientifiques qui revenaient ici tous les deux ou trois ans. Sur les images prises lors de campagnes précédentes, on voyait toujours la même falaise sombre, couverte par endroits de dépôts blanchâtres.

Le secteur étudié ce jour-là avait été choisi pour une raison très ordinaire. Une campagne précédente avait relevé une anomalie de densité dans la paroi d’une fosse. On supposait une poche minérale, peut-être une cavité.

Sur les écrans, le relief apparaissait sous forme de lignes, de chiffres et de volumes colorés. Pendant près de deux heures, rien ne distingua cette plongée des précédentes.

Puis le sonar dessina un angle droit.

Dans la nature, même à cette profondeur, les lignes parfaitement droites restent rares.

L’appareil poursuivit son approche.

Quelques minutes plus tard, les projecteurs atteignirent la paroi.
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