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Couverture de Une lettre pour 2050
Drame · Anticipation

Une lettre pour 2050

Roman en cours
Une lettre pour 2050 1
En 2050, le courrier papier existait encore, mais il avait presque disparu du quotidien. Les boîtes aux lettres recevaient surtout des documents administratifs, quelques publicités imprimées et les cartes postales de ceux qui tenaient à ce geste ancien. Les factures, les avis, les contrats et les messages personnels arrivaient depuis longtemps par voie numérique.

Dans les immeubles récents, les halls avaient d’ailleurs été conçus en conséquence. Les casiers à colis occupaient davantage de place que les petites fentes métalliques réservées aux enveloppes. Une caméra reconnaissait les livreurs. Les portes s’ouvraient sans clé. Les écrans du hall indiquaient la qualité de l’air, la consommation énergétique du bâtiment et les horaires des transports autonomes les plus proches.

Dans la cuisine, plusieurs générations d’objets cohabitaient sans difficulté. Un robot ménager récent voisinait avec une cafetière en métal qu’on ne fabriquait plus depuis longtemps. Sur une étagère, un album de photographies imprimées avait été posé entre deux tablettes électroniques hors d’usage. Les habitants de 2050 avaient cessé depuis longtemps de considérer chaque nouveauté comme une rupture ; les choses anciennes restaient tant qu’elles fonctionnaient ou tant que quelqu’un refusait de s’en séparer.

Le quartier lui-même avait conservé plusieurs bâtiments du début du siècle. Une ancienne école devenue médiathèque faisait face à une tour récente couverte de végétation. Plus bas, la place du marché avait été rendue aux piétons et les anciennes places de stationnement servaient désormais de terrasses ou de petits jardins. Les changements étaient visibles partout, mais jamais assez pour effacer complètement le plan ancien de la ville.

L’appartement du huitième étage donnait sur une ville très différente de celle des vieilles photographies. Des arbres avaient remplacé plusieurs voies de circulation. Des toits étaient couverts de serres. Les façades changeaient d’opacité selon la chaleur. Pourtant, certains objets avaient traversé les décennies sans se transformer : une table de cuisine en bois, une horloge mécanique, une pile de livres aux pages cornées.

Ce matin-là, un courrier attendait sur le meuble de l’entrée.

Une enveloppe véritable, légèrement jaunie, avec un timbre que plus personne n’utilisait depuis longtemps. L’adresse avait été écrite à la main. Le code postal était l’ancien, celui d’avant la réorganisation administrative de 2038.

Le cachet de la poste, encore visible, indiquait une date trente ans plus tôt.

Au dos, l’encre avait un peu pâli mais l’écriture restait nette.

Elle appartenait à quelqu’un qui n’était plus vivant depuis vingt-sept ans.
Page 1
À SUIVRE

La page suivante reste à écrire.

Vous pouvez refermer le livre ou prendre la plume pour poursuivre l’histoire.

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Une lettre pour 2050

Roman en cours
Une lettre pour 2050 1
En 2050, le courrier papier existait encore, mais il avait presque disparu du quotidien. Les boîtes aux lettres recevaient surtout des documents administratifs, quelques publicités imprimées et les cartes postales de ceux qui tenaient à ce geste ancien. Les factures, les avis, les contrats et les messages personnels arrivaient depuis longtemps par voie numérique.

Dans les immeubles récents, les halls avaient d’ailleurs été conçus en conséquence. Les casiers à colis occupaient davantage de place que les petites fentes métalliques réservées aux enveloppes. Une caméra reconnaissait les livreurs. Les portes s’ouvraient sans clé. Les écrans du hall indiquaient la qualité de l’air, la consommation énergétique du bâtiment et les horaires des transports autonomes les plus proches.

Dans la cuisine, plusieurs générations d’objets cohabitaient sans difficulté. Un robot ménager récent voisinait avec une cafetière en métal qu’on ne fabriquait plus depuis longtemps. Sur une étagère, un album de photographies imprimées avait été posé entre deux tablettes électroniques hors d’usage. Les habitants de 2050 avaient cessé depuis longtemps de considérer chaque nouveauté comme une rupture ; les choses anciennes restaient tant qu’elles fonctionnaient ou tant que quelqu’un refusait de s’en séparer.

Le quartier lui-même avait conservé plusieurs bâtiments du début du siècle. Une ancienne école devenue médiathèque faisait face à une tour récente couverte de végétation. Plus bas, la place du marché avait été rendue aux piétons et les anciennes places de stationnement servaient désormais de terrasses ou de petits jardins. Les changements étaient visibles partout, mais jamais assez pour effacer complètement le plan ancien de la ville.

L’appartement du huitième étage donnait sur une ville très différente de celle des vieilles photographies. Des arbres avaient remplacé plusieurs voies de circulation. Des toits étaient couverts de serres. Les façades changeaient d’opacité selon la chaleur. Pourtant, certains objets avaient traversé les décennies sans se transformer : une table de cuisine en bois, une horloge mécanique, une pile de livres aux pages cornées.

Ce matin-là, un courrier attendait sur le meuble de l’entrée.

Une enveloppe véritable, légèrement jaunie, avec un timbre que plus personne n’utilisait depuis longtemps. L’adresse avait été écrite à la main. Le code postal était l’ancien, celui d’avant la réorganisation administrative de 2038.

Le cachet de la poste, encore visible, indiquait une date trente ans plus tôt.

Au dos, l’encre avait un peu pâli mais l’écriture restait nette.

Elle appartenait à quelqu’un qui n’était plus vivant depuis vingt-sept ans.
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À SUIVRE

La suite reste à écrire.

Refermez le livre ou prenez la plume pour poursuivre cette histoire.