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Couverture de Elle n’a jamais existé
Thriller psychologique

Elle n’a jamais existé

Roman en cours
Elle n’a jamais existé 1
L’appartement donnait sur une cour intérieure où le soleil n’entrait réellement qu’une heure ou deux dans l’après-midi. Les murs des immeubles voisins, couleur crème à l’origine, avaient pris avec le temps des nuances de gris et d’ocre. En bas, trois vélos restaient attachés à une grille et une plante grimpante montait jusqu’au deuxième étage avant de disparaître derrière un balcon.

À l’intérieur, le logement était simple. Une pièce principale, une cuisine ouverte, une chambre, un petit bureau. Les meubles avaient été choisis sans idée particulière de décoration, davantage pour leur utilité que pour leur style. Une bibliothèque occupait le mur près de la fenêtre. Au-dessus du canapé, deux cadres étaient légèrement de travers. Sur la table basse, un mug, un chargeur et plusieurs enveloppes attendaient d’être ouvertes.

Le matin, les sons arrivaient avant la lumière. Une chasse d’eau dans l’appartement du dessus. Le portail de la cour. Les pas du voisin qui descendait toujours l’escalier à la même heure. Puis le bruit de la ville remontait progressivement depuis la rue.

La veille au soir, un lave-vaisselle avait tourné. Une assiette et deux verres propres séchaient encore sur le plan de travail. Dans l’entrée, la petite coupelle où l’on déposait les clés contenait un trousseau et une pièce de deux euros. La pièce principale gardait aussi quelques signes ambigus de partage : deux coussins différents sur le canapé, deux plaids, deux abonnements à des magazines qui n’avaient rien en commun. Rien n’attirait naturellement l’attention parce que tout semblait avoir toujours été ainsi.

Dans la salle de bains, deux emplacements étaient prévus dans le porte-brosses à dents.

L’un était vide.

Dans la chambre, la moitié droite de l’armoire contenait davantage de cintres que nécessaire. Un flacon de parfum presque terminé était posé sur une commode. Sur le chevet, un roman était ouvert à la page 184, couverture tournée vers le matelas.

Rien, pris séparément, ne prouvait qu’une deuxième personne vivait là. Rien non plus ne paraissait assez étrange pour qu’on s’y attarde.

Sur le mur du couloir, un crochet restait libre entre deux manteaux.

La photographie qui y avait été accrochée avait laissé un rectangle plus clair dans la peinture.
Page 1
À SUIVRE

La page suivante reste à écrire.

Vous pouvez refermer le livre ou prendre la plume pour poursuivre l’histoire.

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Thriller psychologique

Elle n’a jamais existé

Roman en cours
Elle n’a jamais existé 1
L’appartement donnait sur une cour intérieure où le soleil n’entrait réellement qu’une heure ou deux dans l’après-midi. Les murs des immeubles voisins, couleur crème à l’origine, avaient pris avec le temps des nuances de gris et d’ocre. En bas, trois vélos restaient attachés à une grille et une plante grimpante montait jusqu’au deuxième étage avant de disparaître derrière un balcon.

À l’intérieur, le logement était simple. Une pièce principale, une cuisine ouverte, une chambre, un petit bureau. Les meubles avaient été choisis sans idée particulière de décoration, davantage pour leur utilité que pour leur style. Une bibliothèque occupait le mur près de la fenêtre. Au-dessus du canapé, deux cadres étaient légèrement de travers. Sur la table basse, un mug, un chargeur et plusieurs enveloppes attendaient d’être ouvertes.

Le matin, les sons arrivaient avant la lumière. Une chasse d’eau dans l’appartement du dessus. Le portail de la cour. Les pas du voisin qui descendait toujours l’escalier à la même heure. Puis le bruit de la ville remontait progressivement depuis la rue.

La veille au soir, un lave-vaisselle avait tourné. Une assiette et deux verres propres séchaient encore sur le plan de travail. Dans l’entrée, la petite coupelle où l’on déposait les clés contenait un trousseau et une pièce de deux euros. La pièce principale gardait aussi quelques signes ambigus de partage : deux coussins différents sur le canapé, deux plaids, deux abonnements à des magazines qui n’avaient rien en commun. Rien n’attirait naturellement l’attention parce que tout semblait avoir toujours été ainsi.

Dans la salle de bains, deux emplacements étaient prévus dans le porte-brosses à dents.

L’un était vide.

Dans la chambre, la moitié droite de l’armoire contenait davantage de cintres que nécessaire. Un flacon de parfum presque terminé était posé sur une commode. Sur le chevet, un roman était ouvert à la page 184, couverture tournée vers le matelas.

Rien, pris séparément, ne prouvait qu’une deuxième personne vivait là. Rien non plus ne paraissait assez étrange pour qu’on s’y attarde.

Sur le mur du couloir, un crochet restait libre entre deux manteaux.

La photographie qui y avait été accrochée avait laissé un rectangle plus clair dans la peinture.
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