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Couverture de À minuit, tout recommence
Boucle temporelle · Mystère

À minuit, tout recommence

Roman en cours
À minuit, tout recommence 1
La ville possédait une horloge que tout le monde connaissait sans vraiment la regarder. Elle se trouvait au sommet de l’ancien hôtel de ville, une tour carrée construite au XIXe siècle, visible depuis presque toutes les rues du centre. Ses quatre cadrans étaient éclairés la nuit et son mécanisme, restauré plusieurs fois, continuait de sonner chaque heure avec quelques secondes de retard sur les téléphones modernes.

Autour de la place, les immeubles formaient un rectangle irrégulier. Une brasserie occupait le rez-de-chaussée de l’ancienne poste. En face, un cinéma de trois salles gardait encore une marquise lumineuse. Deux rues plus loin, la rivière passait sous un pont de pierre avant de disparaître derrière les entrepôts transformés en logements.

Le pont constituait une sorte de frontière informelle entre le vieux centre et les quartiers récents. Le jour, des vélos et des bus le traversaient sans interruption. La nuit, il restait surtout les reflets des réverbères dans la rivière et le bruit régulier de l’eau sous les arches. À certaines heures, on pouvait entendre l’horloge depuis l’autre rive, avec un léger écho qui décalait le dernier coup.

La nuit, le centre ne se vidait jamais complètement. Il restait des employés de restaurant, des livreurs, des étudiants, quelques taxis et les personnes qui rentraient tard. À partir de vingt-trois heures, les terrasses se repliaient et les pavés devenaient plus sonores. Chaque pas semblait porter plus loin.

Peu avant minuit, l’horloge de l’hôtel de ville attirait parfois les regards, surtout ceux des touristes. La grande aiguille s’approchait lentement du douze. Les cloches se préparaient quelque part derrière les cadrans.

Ce soir-là, une camionnette blanche était garée en double file près de la pharmacie. Un vélo restait attaché au même lampadaire depuis le matin. Dans la brasserie, quelqu’un essuyait les dernières tables. Une fenêtre du troisième étage, au numéro 6, était restée ouverte malgré le froid.

Dans un appartement donnant sur la place, un réveil numérique indiquait la même heure que l’horloge de la tour. Sur une table, une tasse de thé refroidissait près d’un livre ouvert. Rien ne bougeait dans la pièce, sinon le rideau soulevé de temps à autre par la fenêtre restée entrouverte. Toute la ville semblait simplement attendre le passage banal d’un jour au suivant.

À 23 h 59, une ambulance traversa la place sans sirène.

L’horloge commença son premier coup de minuit.

Au même instant, les lumières du cinéma s’éteignirent.
Page 1
À SUIVRE

La page suivante reste à écrire.

Vous pouvez refermer le livre ou prendre la plume pour poursuivre l’histoire.

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À minuit, tout recommence

Roman en cours
À minuit, tout recommence 1
La ville possédait une horloge que tout le monde connaissait sans vraiment la regarder. Elle se trouvait au sommet de l’ancien hôtel de ville, une tour carrée construite au XIXe siècle, visible depuis presque toutes les rues du centre. Ses quatre cadrans étaient éclairés la nuit et son mécanisme, restauré plusieurs fois, continuait de sonner chaque heure avec quelques secondes de retard sur les téléphones modernes.

Autour de la place, les immeubles formaient un rectangle irrégulier. Une brasserie occupait le rez-de-chaussée de l’ancienne poste. En face, un cinéma de trois salles gardait encore une marquise lumineuse. Deux rues plus loin, la rivière passait sous un pont de pierre avant de disparaître derrière les entrepôts transformés en logements.

Le pont constituait une sorte de frontière informelle entre le vieux centre et les quartiers récents. Le jour, des vélos et des bus le traversaient sans interruption. La nuit, il restait surtout les reflets des réverbères dans la rivière et le bruit régulier de l’eau sous les arches. À certaines heures, on pouvait entendre l’horloge depuis l’autre rive, avec un léger écho qui décalait le dernier coup.

La nuit, le centre ne se vidait jamais complètement. Il restait des employés de restaurant, des livreurs, des étudiants, quelques taxis et les personnes qui rentraient tard. À partir de vingt-trois heures, les terrasses se repliaient et les pavés devenaient plus sonores. Chaque pas semblait porter plus loin.

Peu avant minuit, l’horloge de l’hôtel de ville attirait parfois les regards, surtout ceux des touristes. La grande aiguille s’approchait lentement du douze. Les cloches se préparaient quelque part derrière les cadrans.

Ce soir-là, une camionnette blanche était garée en double file près de la pharmacie. Un vélo restait attaché au même lampadaire depuis le matin. Dans la brasserie, quelqu’un essuyait les dernières tables. Une fenêtre du troisième étage, au numéro 6, était restée ouverte malgré le froid.

Dans un appartement donnant sur la place, un réveil numérique indiquait la même heure que l’horloge de la tour. Sur une table, une tasse de thé refroidissait près d’un livre ouvert. Rien ne bougeait dans la pièce, sinon le rideau soulevé de temps à autre par la fenêtre restée entrouverte. Toute la ville semblait simplement attendre le passage banal d’un jour au suivant.

À 23 h 59, une ambulance traversa la place sans sirène.

L’horloge commença son premier coup de minuit.

Au même instant, les lumières du cinéma s’éteignirent.
Page 1
À SUIVRE

La suite reste à écrire.

Refermez le livre ou prenez la plume pour poursuivre cette histoire.