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Couverture de Le Dernier Jour sur Terre
Science-fiction · Apocalypse

Le Dernier Jour sur Terre

Roman en cours
Le Dernier Jour sur Terre 1
À cette heure-là, la ville n’avait encore rien d’exceptionnel. Les premiers autobus remontaient l’avenue presque vides, les vitrines des cafés s’allumaient une à une et, sur les trottoirs lavés pendant la nuit, les livreurs poussaient leurs diables avec le même air pressé que tous les matins. Le jour se levait derrière les immeubles de l’est, lentement, sans couleur franche. On devinait seulement une bande plus claire au-dessus des toits, assez pâle pour faire disparaître les dernières lampes des appartements.

Dans les rues plus étroites, les boulangeries avaient déjà ouvert. Une odeur de farine chaude se mêlait à celle de la pierre humide et des moteurs froids. Des volets claquaient. Quelqu’un arrosait des jardinières au quatrième étage. Au coin de la place, le kiosquier installait ses journaux avec la précision d’un homme qui, depuis vingt ans, savait exactement combien de centimètres laisser entre deux piles.

Rien ne semblait devoir distinguer ce mardi des milliers d’autres. Sur les balcons, le linge de la veille finissait de sécher. Dans les bureaux déjà éclairés, des agents d’entretien terminaient leur tournée. Les parcs publics ouvraient leurs grilles et les pigeons se rassemblaient autour des mêmes bancs. La ville n’avait pas encore pris sa vitesse de journée ; elle s’étirait, simplement, entre la nuit qui partait et les horaires qui allaient bientôt s’imposer à tout le monde.

Même le ciel, malgré une légère brume, paraissait banal. Les prévisions annonçaient un temps sec, quelques nuages élevés, dix-neuf degrés dans l’après-midi. Les gens avaient choisi leurs vêtements en conséquence. On voyait des vestes légères, des parapluies oubliés au fond des sacs, des enfants qu’on pressait vers l’école en leur promettant qu’ils seraient en retard s’ils continuaient de traîner.

À six heures quinze, le trafic commença à épaissir sur les grands axes. Les radios locales diffusèrent leurs premiers bulletins. Les mêmes travaux, les mêmes ralentissements, la même voix calme pour annoncer le monde tel qu’il était censé rester jusqu’au soir.

Puis, à six heures dix-sept exactement, plusieurs personnes s’arrêtèrent en même temps.

Pas beaucoup d’abord. Un homme devant une bouche de métro. Une conductrice à un feu rouge. Deux employés derrière la vitre d’un café. Ils baissèrent les yeux vers leurs téléphones avec ce geste machinal que personne ne remarque plus.

Quelques secondes plus tard, d’autres firent la même chose.

Et, au-dessus de la ville encore occupée à commencer sa journée, la lumière changea très légèrement.
Page 1
À SUIVRE

La page suivante reste à écrire.

Vous pouvez refermer le livre ou prendre la plume pour poursuivre l’histoire.

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Le Dernier Jour sur Terre

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Le Dernier Jour sur Terre 1
À cette heure-là, la ville n’avait encore rien d’exceptionnel. Les premiers autobus remontaient l’avenue presque vides, les vitrines des cafés s’allumaient une à une et, sur les trottoirs lavés pendant la nuit, les livreurs poussaient leurs diables avec le même air pressé que tous les matins. Le jour se levait derrière les immeubles de l’est, lentement, sans couleur franche. On devinait seulement une bande plus claire au-dessus des toits, assez pâle pour faire disparaître les dernières lampes des appartements.

Dans les rues plus étroites, les boulangeries avaient déjà ouvert. Une odeur de farine chaude se mêlait à celle de la pierre humide et des moteurs froids. Des volets claquaient. Quelqu’un arrosait des jardinières au quatrième étage. Au coin de la place, le kiosquier installait ses journaux avec la précision d’un homme qui, depuis vingt ans, savait exactement combien de centimètres laisser entre deux piles.

Rien ne semblait devoir distinguer ce mardi des milliers d’autres. Sur les balcons, le linge de la veille finissait de sécher. Dans les bureaux déjà éclairés, des agents d’entretien terminaient leur tournée. Les parcs publics ouvraient leurs grilles et les pigeons se rassemblaient autour des mêmes bancs. La ville n’avait pas encore pris sa vitesse de journée ; elle s’étirait, simplement, entre la nuit qui partait et les horaires qui allaient bientôt s’imposer à tout le monde.

Même le ciel, malgré une légère brume, paraissait banal. Les prévisions annonçaient un temps sec, quelques nuages élevés, dix-neuf degrés dans l’après-midi. Les gens avaient choisi leurs vêtements en conséquence. On voyait des vestes légères, des parapluies oubliés au fond des sacs, des enfants qu’on pressait vers l’école en leur promettant qu’ils seraient en retard s’ils continuaient de traîner.

À six heures quinze, le trafic commença à épaissir sur les grands axes. Les radios locales diffusèrent leurs premiers bulletins. Les mêmes travaux, les mêmes ralentissements, la même voix calme pour annoncer le monde tel qu’il était censé rester jusqu’au soir.

Puis, à six heures dix-sept exactement, plusieurs personnes s’arrêtèrent en même temps.

Pas beaucoup d’abord. Un homme devant une bouche de métro. Une conductrice à un feu rouge. Deux employés derrière la vitre d’un café. Ils baissèrent les yeux vers leurs téléphones avec ce geste machinal que personne ne remarque plus.

Quelques secondes plus tard, d’autres firent la même chose.

Et, au-dessus de la ville encore occupée à commencer sa journée, la lumière changea très légèrement.
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